Blitzstream futuriste : Kevin Bordi analyse une partie ordi contre ordi

Toujours plus loin dans l’intelligence… artificielle : Kevin Bordi, flanqué de Matthieu Cornette, 11e joueur français avec un Elo de 2 583, analyse une partie ordi contre ordi, et précisément Stockfish (3 625) contre LCZero (3 599).

Dieu joue aux échecs et il a (aujourd’hui) un Elo de 3 625

Ce qui est intéressant dans cette partie inhumaine, supra-humaine ou déshumanisée (les Perses qui ont inventé le jeu de chatrang il y a quelques 1 500 ans auraient halluciné en voyant le tableau), c’est la remarque de Kevin, dont le site a explosé en audience : 178 000 abonnés, alors qu’on l’a connu – et relayé – tout petit :

« J’ai l’impression que ce qui est fort géométriquement et tactiquement, est aussi beau. »

Les coups de Stockfish sont stupéfiants parce qu’ils sont à la fois invisibles à l’œil nu (humain) et terriblement efficaces. Cette séquence donne une illustration de l’esthétique, la science des structures : les coups révèlent leur beauté – une beauté ! car ce n’est pas le coup qui est beau, mais l’ensemble des coups, leur enchaînement, leur liaison, leur chemin, donc leur structure) – sur la longue distance, et c’est cette distance qui différencie l’ordinateur de l’homme.

Et probablement l’homme de Dieu.

Structure, c’est le mot mathématique pour beauté, ce sens caché qui se révèle au fur et à mesure, toujours harmonieusement, parce que toute structure est parfaite. Autrement, on ne peut pas définir la beauté. Sinon, c’est peut-être ce qui est sans défaut… Ou alors ce qui a du sens. Mieux : le sens au sens étymologique, tout simplement.

Le sens se construit souterrainement et se livre au bout du chemin, lors de la pointe finale, comme une explosion contrôlée. Non, on ne fera pas le parallèle avec l’orgasme. Quoique…

Les adeptes du Christ y verront une analogie de l’accomplissement – « Tout est accompli » – avec la mort sur la croix puis la résurrection, le passage de la nuit (l’incompréhension, la souffrance) à la lumière de la révélation, puis le retournement : c’est la fin (triste) qui révèle le chemin (glorieux).

C’est aussi quand on a trouvé qu’on cherche (sinon on ne cherche pas !), selon les mots du Christ, mais on n’a pas retrouvé la sourate. Trouver pour chercher, une loi que tout chercheur-trouveur comprendra aisément, parce qu’elle définit l’inspiration, et le travail qui s’ensuit.

L’inspiration ne donne pas tout, elle donne une idée du tout, ensuite il faut faire le boulot, le chemin, la construction. Ridal explique ça à sa façon – hégélienne – dans ses Clés de lecture.

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