Deux-Sèvres : la Coop de l’eau condamne “un déchaînement de haine”

Ce lundi 31 octobre, la Coop de l’eau condamne l’action des anti-bassines ce week-end. Pour sa part, la préfète des Deux-Sèvres a prolongé jusqu’à mercredi 2 novembre l’interdiction de manifester.

La préfète des Deux-Sèvres a décidé ce lundi 31 octobre 2022 de prolonger jusqu’au mercredi 2 novembre à 7 h certaines mesures d’interdiction prises pour ce week-end dans le secteur de Sainte-Soline. La préfecture justifie cette mesure par “les violentes exactions commises ce week-end et pour éviter tout trouble à l’ordre public”.

Jusqu’à mercredi à 7 h, toute manifestation ou attroupement restent interdits. De même, la circulation d’engins agricoles isolés ou en cortège (sauf pour les riverains). Sont interdits la vente, le transport et l’utilisation de feux d’artifice, de carburant ainsi que d’acides ou de produits inflammables, chimiques ou explosifs.

Sont également concernés le port et le transport d’armes, toutes catégories confondues, et de munitions. Ces mesures s’appliquent dans un périmètre englobant tout ou partie des communes de Sainte-Soline, Lezay, Vançais, Rom Vanzay, Messé, Caunay, Pers, Clussais-la-Pommeraie, Saint-Coutant.

“Beaucoup étaient venus pour en découdre”

Ce lundi, la Coop de l’eau a condamné les actes de violence commis à Sainte-Soline. La Coop de l’eau est la coopérative qui porte le projet de seize stockages d’eau destinés à l’agriculture, dont celui de Sainte-Soline. La canalisation qui a été déterrée et découpée ne reliait pas la future réserve, mais une exploitation agricole, indique la Coop de l’eau.

“Les organisateurs avaient annoncé un rassemblement pacifique mais on se doutait qu’il n’en serait rien. Beaucoup étaient venus pour en découdre, affronter les forces de l’ordre et casser. Des dégradations ont été commises et une soixantaine de gendarmes ont été blessés, c’est inadmissible. Aujourd’hui, j’ai une pensée pour l’agriculteur vandalisé et sa famille mais aussi pour toutes les personnes blessées. Aucune cause, aussi grande soit-elle, ne peut justifier un tel déchaînement de haine et de violence. Cela n’apporte rien au débat sur la gestion de l’eau et les enjeux du réchauffement climatique”, déclare Thierry Boudaud, président de la Coop de l’eau.

Ce dernier dit vouloir “poursuivre le dialogue de manière constructive avec tous nos interlocuteurs”. “Une désobéissance violente ne doit pas se substituer à l’exercice de la démocratie participative exemplaire qu’est le protocole d’accord. Ce projet est utile pour le territoire car il défend un modèle d’agriculture familiale reposant sur la polyculture et l’élevage”, ajoute-t-il.

Delphine Batho : “L’escalade doit cesser”

La députée des Deux-Sèvres, Delphine Batho, réclame ce lundi 31 octobre l’arrêt des travaux et l’organisation d’un référendum local, “comme le prévoit le code de l’environnement”, pour permettre à la population de trancher la question des bassines.

“La situation critique de la ressource en eau dans notre territoire comme partout en France exige l’arrêt immédiat des travaux des réserves d’irrigation dans le bassin de la Sèvre niortaise”, déclare la députée qui appelle les élus du département, quelle que soit leur position sur le fond du projet, à soutenir sa proposition de stopper le chantier et de référendum. “L’escalade dont les Deux-Sèvres ont été le théâtre doit cesser. La violence est une voie sans issue”, prône-t-elle.

“Quant au gouvernement, le ministre de l’Ecologie doit cesser de réciter des éléments de langage mensongers. Et le ministre de l’Intérieur doit apprendre à mesurer ses propos et garder son sang-froid : il sait trop bien ce qu’est le terrorisme pour utiliser cette qualification à la légère”, poursuit Delphine Batho.

Dimanche soir, en direct de la place Beauvau, Gérald Darmanin avait qualifié “d’éco-terrorisme” les événements de samedi à Sainte-Soline.

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