La Ciergerie de Lourdes, une entreprise du patrimoine vivant

Le savoir-faire né en 1928 au sein de la Ciergerie de Lourdes se perpétue de façon quasi inchangée. Une transmission récompensée du label Entreprise du patrimoine vivant.

Pour les plus petits modèles, jusqu’à un kilo, les cierges sont dits trempés : la mèche est plongée dans un bain de paraffine, à plusieurs reprises pour, au fur et à mesure, constituer un cierge qui sera ensuite perfectionné à la main. À partir de 2 kg, les cierges sont moulés dans de grands tubes de métal. La paraffine est coulée à l’intérieur et le cierge, une nouvelle fois, démoulé manuellement avant d’être coloré à la base du bleu de Lourdes. La Ciergerie peut fabriquer de petites séries, mais aussi des modèles uniques, à l’image de ceux réalisés pour les baptêmes ou les communions.

Un travail à la main et un savoir-faire unique. / Photo G.R.
Un travail à la main et un savoir-faire unique. / Photo G.R.

Depuis 1928, les salariés de la Ciergerie de Lourdes se sont transmis un savoir-faire qui a très peu évolué depuis ses débuts. Aucune formation n’existe pour apprendre le métier. Les anciennes forment les nouveaux. En ce moment, en préparation du pèlerinage du Rosaire, deux intérimaires ont été recrutés en renfort des 17 salariés permanents. Il leur a fallu plus de deux semaines pour être pleinement opérationnels.

À la Ciergerie de Lourdes, c’est “un ballet” qui s’opère entre ces dames, sourient Guillaume de Vulpian, directeur général du sanctuaire et Laurent Lacoste, directeur de production. Les deux femmes tendent la mèche sur des cadres avant que les cierges ne rejoignent le “manège” pour aller plonger dans la matière première. Elles n’ont besoin d’aucune parole et ne se gênent absolument pas dans ces gestes parfaitement rodés.

Un travail à la main et un savoir-faire unique. / Photo G.R.
Un travail à la main et un savoir-faire unique. / Photo G.R.

Seule la mécanisation des manèges, venue remplacer un treuil manuel depuis les années cinquante a apporté un changement. La façon de faire, elle, est toujours la même.

Du côté des matériaux, là non plus, pas d’évolution. La paraffine est restée l’outil premier et la mèche de coton n’a pas été supplantée. L’usine est toujours située là où elle a vu le jour, à l’époque au milieu de champs, quand le boulevard du Lapacca n’existait pas encore. Elle s’est juste agrandie.

Une vocation initiale conservée

C’est donc pour récompenser ce savoir-faire qui se perpétue de génération en génération d’ouvriers que le label “entreprise du patrimoine vivant” a été décerné à la Ciergerie de Lourdes voici quatre ans. Il devra être renouvelé dans un an.

Un label qui récompense “la rareté” de ce savoir-faire, souligne Guillaume de Vulpian. Mais aussi ce patrimoine vivant, ce cierge à chaque fois unique, dont le secret de fabrication ne se transmet qu’au sein de l’usine. Un patrimoine vivant car la Ciergerie, qui vend en très grande majorité au sanctuaire et aux magasins de Lourdes, perpétue également l’un des signes reçus par Bernadette. Elle a conservé sa vocation initiale, voulue par les familles Lacaze et Béguère. Fournir les pèlerins en cierges.

L’entreprise travaille désormais en réseau avec les autres sociétés labellisées. Quant aux bénéfices réels de cette labellisation pour l’entreprise, difficile de les évaluer. La “reconnaissance”, bien sûr. Quelques personnes passent aussi à la boutique car elles sont sensibles à l’histoire du lieu.

Pour autant, ce patrimoine reste vivant et la Ciergerie évolue. La modernité n’est pas un gros mot au sein de l’établissement. Une ligne de production a vu le jour pour les votives. Et si les techniques ancestrales seront toujours conservées, elles peuvent être amenées à évoluer pour le mieux-être du salarié, ce dernier effectuant un travail qui reste physique et répétitif. Une entreprise au savoir-faire historique mais aux préoccupations bien actuelles.

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