Pakistan : on vous explique pourquoi les manifestations anti-France se sont intensifiées ces derniers jours

Pakistan : on vous explique pourquoi les manifestations anti-France se sont intensifiées ces derniers jours

La France invite ses ressortissants à quitter le territoire pakistanais. Une manifestation est prévue le 20 avril à Islamabad pour demander l’expulsion de l’ambassadeur de France. La nouvelle a surpris les expatriés français, jeudi 15 avril. « En raison des menaces sérieuses qui pèsent sur les intérêts français au Pakistan, il est recommandé aux ressortissants français et aux entreprises françaises de quitter provisoirement le pays », a alerté l’ambassade française à Islamabad, dans un courrier adressé à la communauté française. Une invitation pressante survenue après plusieurs jours de manifestations antifrançaises dans cette République islamique d’Asie. Franceinfo retrace le cheminement qui a conduit à cette alerte.

La situation s’est tendue entre les deux pays à partir de l’automne 2020. Alors que s’ouvre le procès des attentats de 2015, la republication des caricatures du prophète Mahomet par l’hebdomadaire Charlie Hebdo ravive au Pakistan le débat sur le blasphème, passible de la peine de mort dans ce pays. Le 25 septembre, Zaheer Hassan Mahmoud, un jeune Pakistanais, blesse grièvement au hachoir deux personnes devant les anciens locaux de l’hebdomadaire satirique à Paris. Moins d’un mois plus tard, le président Emmanuel Macron réitère son soutien au droit à la caricature lors d’un hommage au professeur Samuel Paty, assassiné le 16 octobre par un terroriste après avoir montré des dessins satiriques représentant le prophète de l’islam à sa classe. Ses déclarations déclenchent des manifestations dans plusieurs pays musulmans, dont le Pakistan, ainsi que des appels au boycott de produits français.

Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, accuse alors le président français d' »attaquer l’islam ». Les autorités convoquent l’ambassadeur de France au ministère des Affaires étrangères à Islamabad pour se plaindre d’une « campagne islamophobe systématique sous couvert de la liberté d’expression ». Depuis, les relations entre les deux pays sont restées tendues. Derrière ces manifestations antifrançaises, on trouve un petit parti islamiste radical dénommé Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP). Connu pour son opposition farouche au blasphème, il réclame depuis plusieurs années la peine de mort pour quiconque est accusé de ce qui est considéré comme un crime dans ce pays, comme en 2018 à la suite à l’acquittement d’Asia Bibi, une Pakistanaise chrétienne.

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