Vienne : assassinat de Béruges, un des quatre suspects remis en liberté

L’un des quatre suspects mis en examen le 21 octobre 2022 et placé en détention provisoire pour l’assassinat de Béruges a été remis en liberté.  Sa détention était très contestée.

L’ambiance était électrique le 21 octobre dernier dans les couloirs du palais de justice de Poitiers.

Les avocats des quatre suspects déférés en vue de leur mise en examen pour l’assassinat de Béruges survenu six mois plus tôt se montraient alors particulièrement critiques envers le juge d’instruction.

“Il n’a même pas été interrogé sur les faits!”

L’un d’eux ne mâchait pas ses mots alors qu’un jeune homme de 27 ans venait d’être mis en examen et placé en détention provisoire “Il a été interpellé car il a acheté d’occasion le portable de la victime sur Internet. C’est son seul crime ! Il est innocent, tout le monde le sait ! Pendant sa garde à vue, on ne lui a posé aucune question sur le crime et le juge d’instruction le met en examen pour assassinat !”

La décision du juge des libertés et de la détention de Poitiers a été contestée avec succès mercredi dernier, 26 octobre 2022,  par Me Aurélien Bourdier, l’avocat de Nabil à la faveur d’une procédure rarissime, le référé liberté.

Il a été plaidé directement dans le bureau du président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers en présence de l’avocat général.

Le juge d’instruction accusé de partialité, la nullité de la mise en examen réclamée

A quelques jours d’intervalle, les mêmes arguments ont été soulevés pour dénoncer le placement en détention provisoire du jeune homme. 

Le président a  choisi de libérer directement Nabil, sans renvoyer l’examen du dossier en audience collégiale.

Libre sous contrôle judiciaire

Il a estimé que les conditions nécessaires à la détention provisoire n’étaient pas réunies. Une heure plus tard, le jeune homme était remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Dans la foulée de cette décision, qui ne peut pas faire l’objet d’un appel, Me Bourdier annonce qu’il dépose une requête en nullité de la mise en examen de son client.

Une décision rédigée d’avance

“Elle est fondée sur l’absence d’indice grave ou concordant et sur la violation des formes par le juge d’instruction qui avait rédigé et signé sa décision pour demander la détention provisoire avant même d’avoir interrogé le mis en cause et entendu son avocat”, expose Me Bourdier.

Trois autres demandes de libération à examiner

La justice doit désormais examiner trois autres demandes de remise en liberté, celles des trois femmes de 26, 30 et 40 ans elles aussi mises en examen pour assassinat, modification d’une scène de crime et atteinte à l’intégrité d’un cadavre. 

Lien source : Vienne : assassinat de Béruges, un des quatre suspects remis en liberté