Vienne : l’avocat rochelais condamné pour violences se défend en appel 

L’avocat rochelais écroué en juillet dernier pour huit mois après une série de violences avec arme se défendait ce lundi 31 octobre 2022 devant la cour d’appel de Poitiers. Une prestation mitigée.

Il aurait pu saisir un juge d’application des peines pour défendre sa remise en liberté mais l’avocat rochelais incarcéré en juillet dernier à Vivonne a préféré faire appel de sa condamnation… même s’il ne conteste pas les faits (1).

Patrice Brossy était en pleine dérive depuis le printemps dernier enchaînant les menaces et les violences armées à La Rochelle visant sa propriétaire, un concessionnaire Mercedes, une caissière ou encore la bâtonnière de son ordre.

Il arrive avec deux bodyguards

Il avait alors exhibé masse, machette, pistolet d’alarme ou arbalète, joué de la bombe au poivre et imaginé une mise en scène escorté de deux costauds. 

“Mon appel se limite à la peine, j’estime qu’on n’a pas suffisamment pris en compte mes intentions”, raconte-t-il ce lundi 31 octobre 2022 devant la cour d’appel de Poitiers.

Le 22 juillet dernier, la justice poitevine où le dossier avait été dépaysé avait condamné le quinquagénaire en comparution immédiate à huit mois de prison ferme avec un maintien en détention. 

Il conteste la peine

Plus de trois mois sont passés et l’avocat jugé considère que ses intentions ont parfois été “mal interprétées”. Il avait alors des problèmes psychiatriques et suivait un traitement.  

“Il a augmenté ma bipolarité au lieu de la réguler”, explique-t-il. “Je me suis senti agressé, j’ai mal réagi ! J’ai déjà perdu mon travail, je sais que je vais être radié et je vais devoir retourner chez mes parents.”

Les avocats des parties civiles ont peu goûté cette audience où le prévenu reconnaît les faits… jusqu’à ce que son attitude et ses déclarations finissent par dire le contraire, selon Mes Breillat et Ahouanmenou. 

“Un insulte aux victimes!”

L‘avocat général Frédéric Clot enfonce le clou encore plus fort. “Vos déclarations sont une insulte aux victimes ! Pas tellement grave ce que vous avez fait dîtes-vous ? Si, ça l’est, en dehors de toute proportion raisonnable. Vos propos dénotent d’une totale médiocrité et incompétence.”
Il a requis la confirmation du premier jugement et le maintien en détention.

“Pourquoi cet appel ? Ce n’était pas mon conseil”, déplore en préambule Me Laurent Sillard.

“Le coup, certains de ses confrères le sentaient venir. Il n’allait pas bien. Son discernement était altéré lors des faits. Maintenant, il va beaucoup mieux, et sa place, elle n’est plus en prison.”

Décision en délibéré

La cour d’appel de Poitiers s’est laissé le temps de la réflexion jusqu’au 23 novembre prochain. En attendant l’avocat qui voudrait sortir pour continuer à se soigner, mais au centre hospitalier Laborit, est reparti en détention.

(1) Il n’a pas contesté les dispositions civiles du premier jugement.

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