Yosha Iglesias, joueur d’échecs “transitionné”, peut-il jouer avec les femmes ?

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C’est la question que pose le joueur d’échecs français, devenu femme depuis, ou plutôt transsexuel, à sa fédération et plus largement à la société. Yosha a changé de genre, ou de sexe (on n’a pas vérifié), et il veut concourir chez les femmes, mais la FFE ne veut pas, alors que la fédération étasunienne veut bien. Voilà.

 

Si Yosha, qui a changé de sexe, veut officiellement jouer dans la catégorie des femmes (de naissance), alors il devra changer de nationalité. La question est posée, mais c’est la réponse ou les pistes de réponses qui sont intéressantes. En deux mots, il s’agit de la supériorité cérébrale de l’homme sur la femme : si l’on part de ce postulat, alors Yosha va éclater les joueuses d’échecs.

Si pour de nombreuses féministes les femmes ne sont pas inférieures intellectuellement aux hommes – et pour certaines les femmes sont supérieures –, alors Yosha ne cartonnera pas dans sa nouvelle catégorie. Le parallèle avec les autres sports, si les échecs sont un sport, et ils ne sont pas que ça, est classique : on a vu des haltérophiles transsexuels tout écraser chez les femmes fortes, et une combattante de MMA transitionnée qui a cassé la boîte crânienne d’une pauvre vraie femme. C’est sanglant, alors on va plutôt vous montrer ce combat de MMA homme/femme.

 

Que font les féministes ? Il faut assumer l’égalisé des sexes, non ? Voici la tribune de Yosha :

Nous sommes bien en 2022. La FFE, fédération sportive délégataire dépendant du Ministère des Sports, ne considère toujours pas les femmes trans comme des femmes à part entière.

Lors que j’ai fait mon coming-out trans à l’été 2021, les dirigeants de la FFE m’avaient expliqué que le Code du Sport les obligeait à se baser sur l’état-civil. Pas de changement de prénom ou de genre possibles avant qu’ils ne soient modifiés sur l’acte de naissance. Dont acte. N’étant pas juriste et les sachant de bonne foi, je les ai crus.

En novembre 2021, une fois mon prénom modifié à l’état civil, j’ai pu le faire changer auprès de la FFE. Licenciée depuis 26 ans, c’était la première fois que j’envoyais une pièce d’identité à la FFE. Je ne connais aucun•e autre joueur•euse qui avait dû envoyer une pièce d’identité.

Je savais que quelques mois plus tard la mention de sexe allait être changée sur mon état-civil et que je pourrais enfin être considérée comme femme par la FFE. Mais je regrettais que la France ne puisse suivre l’exemple étatsunien d’un règlement réellement inclusif.

Yosha accuse alors la FFE de sa souffrance insupportable :

Il m’aura fallu 15 ans pour puiser en moi le courage de transitionner tout en continuant à vivre de ma passion. Ces années auraient dû être les meilleures de ma carrière de joueuse. Je les ai passées à lutter contre la dépression et les idées suicidaires liées à la non acceptation de mon identité de genre. (…)

Parmi les insultes et discrimations que je subis régulièrement – comme toute personne trans – celle qui m’est le plus insupportable est que la fédération française des échecs continue à me considérer comme homme. Cela sans aucune justification légale et alors même que l’écrasante majorité des joueurs et joueuses d’échecs a très bien accueilli ma transidentité et me genre correctement.

À la fin, il est question de vie ou de mort, carrément :

Dans un monde moins transphobe, j’aurais transitionné il y a 15 ans. J’aurais alors joué pour le titre de Championne de France et aurais eu l’honneur de porter les couleurs françaises lors des Olympiades.

C’est maintenant trop tard pour moi. Ma carrière de joueuse est terminée avant d’avoir commencé. Mais je veux me battre pour que les prochaines jeunes joueuses trans aient la chance que je n’ai pas eue. Qu’elles n’aient pas à choisir entre transition et jeu d’échecs. Qu’elles ne gâchent pas leur vie et que jamais elles ne songent à se l’ôter.

En faisant le choix de l’inclusivité, la FFE pourrait sauver des vies. Il ne s’agit pas d’une figure de style, mais d’une déduction basée sur les statistiques de suicides chez les jeunes trans selon le respect ou non de leur identité.

On voit que Yosha aurait voulu être dans les premiers chez les dames, mais que la FFE le lui a interdit. Nous en arrivons à la conclusion, à vrai dire assez étrange :

Pour conclure, je voudrais rappeler que si hommes et femmes ont des capacités égales pour le jeu d’échecs, la catégorie dite féminine est justifiée par les nombreuses difficultés supplémentaires et discriminations que les joueuses subissent à cause de leur genre. Et croyez moi, les joueuses trans ne sont pas plus épargnées que les autres joueuses.

Autrement dit, selon Yasha, si les femmes sont moins fortes que les hommes aux échecs, ce qui est une réalité tanglble sur laquelle personne ne peut revenir, c’est parce que les femmes, et a fortiori les transsexuels, sont discriminé(e)s ! On met un point d’exclamation parce que c’est idiot. Le féminisme a déjà 50 ans en France, et on ne voit toujours pas de tournois mixtes homes/femmes avec des femmes à 2800 ELO.

En attendant une meilleure inclusivité de la part de la FFE, Yosha fait de l’analyse et donne des cours.

Pour la FIDE, la fédé internationale des échecs, Yosha est bien une femme, au 7483e rang mondial, dotée d’un ELO de 2220 (et 2256 en blitz). Pour info, on trouve 4 Françaises dans le top 100 mondial, dont Marie Sebag, avec un ELO de 2443. Mais globalement, plus on monte en ELO, moins on trouve de femmes. La preuve par cet extrait du FIDE chess rating, avec une (tentative d’) explication culturelle dans l’article de france-echecs.com  :


On a trouvé un point d’accord avec Yosha !


 

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