Le gaz qu’émet le brocoli pourrait signaler la présence d’une vie extraterrestre

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Si la Terre n’est pas la seule à abriter de la vie, la substance dégagée par ce légume pourrait nous l’indiquer.

Les astronomes concentrent tout particulièrement leurs recherches sur le bromure de méthyle (CH3Br), connu pour sa faible persistance dans l'atmosphère. | Louis Hansel via Unsplash
Les astronomes concentrent tout particulièrement leurs recherches sur le bromure de méthyle (CH3Br), connu pour sa faible persistance dans l’atmosphère. | Louis Hansel via Unsplash

Qui aurait un jour cru lire les mots «brocoli» et «extraterrestre» dans la même phrase? Vous ne rêvez pas: les gaz méthylés émis par ce légume peuvent bel et bien être le signe d’une vie existant sur une planète.

Tout comme le chou, les algues ainsi que de nombreuses autres plantes et microbes utilisent le processus de méthylation, c’est-à-dire qu’elles éliminent les toxines en les transformant en gaz, explique Space.com.

Cette biosignature (trace d’activité biologique) peut révéler la présence d’êtres vivants si elle s’avère être repérée dans l’atmosphère de mondes lointains. Étant donné que ces ensembles d’atomes et de molécules sont visibles dans l’infrarouge moyen, le télescope spatial James Webb pourrait détecter des particules de gaz atmosphériques flottant autour d’une planète lorsqu’elle transite aux alentours de son étoile.

Les astronomes concentrent tout particulièrement leurs recherches sur le bromure de méthyle (CH3Br), connu pour sa faible persistance dans l’enveloppe gazeuse. Si ce gaz venait à être découvert, cela signifierait que l’organisme l’ayant libéré est potentiellement encore vivant à ce moment-là.

Découvrir la vie n’est pas un long fleuve tranquille

Néanmoins, le travail des scientifiques est loin d’être un jeu d’enfant. Les rayons UV émis par les étoiles naines de classe spectrale M (comprenant les étoiles rouges) et le Soleil désintègrent les molécules d’eau, ce qui accélère la décomposition des gaz. Il pourrait ainsi falloir une centaine de transits d’une seule planète avant que le télescope James Webb ne perçoive des biosignatures. Comme dirait l’autre, la patience est amère mais son fruit est doux.

Michaela Leung, planétologue de l’Université de Californie à Riverside, ne tait pas ses craintes: «La méthylation est si répandue sur Terre que nous nous attendons à ce que la vie, quelle qu’elle soit, l’utilise. Cependant, ces gaz peuvent être émis par quelque chose qui n’est pas vivant.»

Des éruptions volcaniques peuvent par exemple en être la source –bien que les chances soient plus minces, les organismes vivants restant des producteurs plus prolifiques. «La quasi-totalité des cellules disposent de mécanismes afin d’expulser les substances nocives, et les procédés sont limités pour recréer ce phénomène par des moyens non biologiques. Cela demeurerait donc un bon indicateur de vie», rassure-t-elle.

Qui sait? La Terre n’est peut-être pas la seule à abriter de la vie, et les brocolis pourraient être associés à cette belle découverte.

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