Lourdes. Le chantier de reconstruction de l’Ophite lancé, avec la pose de la première pierre d’une résidence de 42 logements

Le chantier de reconstruction de l’Ophite à Lourdes est lancé. La pose de la première pierre d’une résidence de 42 logements a eu lieu lundi.

“Enfin, nous y sommes !”, a lancé René Kahn, habitant de l’Ophite, quartier de Lourdes qui doit être détruit, et membre du conseil citoyen. “Ce ne sont pas de simples bâtiments qui vont voir le jour, a-t-il souligné, mais toute une structure basée sur le bien-être, un projet de lieu de vie où respirer.” 

Lundi, avait lieu la pose de la première pierre d’une résidence de 42 logements, située avenue Francis-Lagardère, à Lourdes. Une jolie vue, un coin de jardin pour les appartements du rez-de-chaussée, un balcon pour ceux du premier et des appartements relativement spacieux : plus de 50m² pour les T2, plus de 73 pour les T3, plus de 83 pour les T4. “Des prestations de qualité”, a insisté Yannick Boubée, président de l’OPH 65, en préambule. Les 42 logements seront répartis dans quatre bâtiments, trois de 12 appartements et un de six.

Le relogement a commencé

Un chantier qui lance donc l’opération de reconstruction du quartier de l’Ophite, dont les plus de 550 logements doivent être détruits. Si le relogement a commencé fin juin, avec, déjà, le déménagement de onze familles et 17 autres en cours, il s’agit de la première opération immobilière qui prend forme. Est également espéré pour le premier trimestre 2023 le lancement d’un autre projet attendu, car en face de la cité de l’Ophite : la construction de 53 logements et d’une résidence senior de 30 appartements, dont la livraison est espérée courant 2024. 

Cette pose de la première pierre, forte en symbole, comme plusieurs personnes l’ont relevé, a réuni l’ensemble des acteurs de cette opération. Parmi ces financeurs, l’OPH (23,6% du total, avec plus de 1,5 million de fonds propres), le département (745000€), représenté par la conseillère Marie Plane, la communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées (670000€), représentée par son président Gérard Trémège, l Etat, au travers de l’Anru (470000€), représenté par le sous-préfet d’Argelès-Gazost, Fabien Tuleu. La région s’est aussi mobilisée pour cette opération, à hauteur de 113000€. Au total, il s’agit donc d’un projet à plus de 6,5 millions d’euros, si l’on y ajoute les prêts contractés.

Un montage financier “aujourd’hui caduc”

Un investissement important pour tous ces acteurs, qui n’ont pas manqué de relever les “conditions financières très compliquées” du moment, selon les mots de Yannick Boubée. Celui-ci a assuré : “L’OPH 65 a l’habitude de tenir ses engagements, mais il n’en reste pas moins vrai que la hausse des coûts de construction n’est pas soutenable durablement.” Et de poursuivre : “La convention a été signée en juin 2021 selon un montage financier aujourd’hui caduc”, qui n’intégrait pas les nouvelles contraintes financières.

Le président Gérard Trémège n’a pas, non plus, mâché ses mots. “La réponse de l’Anru n’a pas été satisfaisante”, dit celui qui a contacté l’agence de rénovation urbaine en vue d’obtenir une subvention proportionnelle aux augmentations et non fixe. Et de rappeler le chiffre de 26% de hausse des coûts de construction depuis le 1er janvier 2022, ainsi que la hausse des taux d’intérêt. “Il faut prendre en compte cette considération fondamentale, sans quoi on ne pourra mener le projet à terme”, a-t-il conclu, en parlant de l’ensemble du programme.

Question sur laquelle la sénatrice Viviane Artigalas a indiqué travailler, de même que le député Benoît Mournet, qui entend interroger le gouvernement sur la question.

Le maire de Lourdes, Thierry Lavit, a conclu : “La mue de Lourdes est lancée, Lourdes est condamnée à réussir !”

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