SNCF : Un sabotage peut en cacher un autre

L’incendie volontaire de câbles électriques sur la ligne Paris-Strasbourg a fortement perturbé le trafic mardi 24 janvier. Un acte de malveillance qui n’est pas sans rappeler « l’affaire de Tarnac » en 2008.

C'est ici, à Dhuisy (77), que fut suspendu l'un des quatre crochets sur la ligne TGV-Est. (DR)
C’est ici, à Dhuisy (77), que fut suspendu l’un des quatre crochets sur la ligne TGV-Est. (DR)

Grosse galère pour les voyageurs de la région Grand Est qui voulaient se rendre à Paris ou rentrer de Paris depuis la gare de l’Est, ce mardi 24 janvier 2023. Tous les TGV et les tous les trains régionaux sont restés à quai. Le trafic ne reprendra que peu à peu, annonce la direction de la SNCF.
A l’origine de ces perturbations, un sabotage de la ligne au moyen d’un incendie volontaire des câbles électriques qui alimentent le réseau. « Quarante-huit artères de câbles, soit environ 600 câbles électriques ont été endommagés » a précisé la SNCF. L’incendie a eu lieu au poste d’aiguillage de Vaires-sur-Marne (77).
Une enquête a été ouverte par le parquet de Melun. Le ministre des Transports, Clément Beaune, a dénoncé « un acte de malveillance scandaleux ».

L’affaire de Tarnac en 2008

Cette affaire n’est pas sans rappeler l’affaire de Tarnac. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, quatre crochets métalliques furent accrochés aux caténaires des lignes TGV provoquant la paralysie du trafic en ce début du long week-end du 11 novembre. L’un des crochets a été posé sur la ligne Paris-Strasbourg, à Dhuisy (77) à 60 km de Vaires-sur-Marne.
Trois jours plus tard, une dizaine de jeunes sont interpellés en Corrèze, à Tarnac, au cours d’une opération de police à grand spectacle. La police évoque « un groupe appartenant à la mouvance ultragauche ». Et présence Julien Coupat comme étant leur « chef charismatique ». Ils sont jetés en prison. L’enquête est confiée au parquet antiterroriste de Paris.
Mais l’enquête s’enlise. La mise en cause de Julien Coupat et de celle qui deviendra son épouse, Yildune Lévy, ne repose que sur un seul document, le fameux PV de filature coté D 104. Car Julien et Yildune sont sous surveillance policière depuis… le 16 avril 2008. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, justement, ils sont pris en filature par une vingtaine de policiers dont six de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) les autres de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). C’est sur la foi de ce seul PV que les suspects vont être mis en examen et écroués. Or, ce PV s’avèrera bidonné. Dix ans après les faits, tous les mis en cause seront définitivement blanchis par la justice.

Revendication en Allemagne

Le point commun entre les deux sabotages, celui de 2008 et celui de 2023 sont, peut-être, les liens entre les saboteurs français et allemands. Les quatre sabotages de 2008 en France furent revendiqués en Allemagne. Un courrier au quotidien allemand Berliner Zeitung posté le 9 novembre 2008 de Hanovre (Allemagne) évoquait de récentes actions « ayant pour objectif de perturber le trafic ferroviaire en France et en Allemagne, en précisant que les actions s’inscrivaient dans le cadre de la vague de protestations liées au transport de France vers l’Allemagne par le train Castor de déchets nucléaires retraités pendant le week-end du 8 novembre 2008. »
Or, en octobre 2022, la compagnie Deutsche Bahn a annoncé qu’un acte de sabotage avait provoqué une panne à l’origine de la paralysie du trafic ferroviaire, samedi matin dans le nord de l’Allemagne. Selon l’opérateur, ce sont les câbles de liaison radio avec les conducteurs des trains qui ont été sectionnés.
Pour l’heure, il n’y a pas eu de revendication, ni en Allemagne ni en France.

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